A qui devraient profiter les analyses de la délinquance en région parisienne? Aux plus fragiles ou aux plus privilégiés ? [ 02/21/2009 ]

[ 02/21/2009 ]

C’est bien d’avoir unifié la police des transports à l’échelle de la région parisenne. Que l’analyse de la délinquance se fasse également à cette échelle serait souhaitable afin d’éviter de renforcer l’inégalité de couverture policière qui profite déjà à Paris.
La préfecture de police de Paris se lance dans la géographie criminelle, côté auteurs. Bonne idée. Qu’append-on de la mise en oeuvre d’un logigiel (dont on ne nous dit pas le prix)? La statistique va-t-elle nous surprendre? Selon le Figaro, qui bénéficie d’un accès semble-t-il unique à cette source d’information (Libération, Le Parisien et Le Monde sont-ils jugés insuffisemment neutres?) « le franchissement du périphérique est devenu un sport habituel pour les malfaiteurs venus de banlieue ou de province (…) seules 47 % des personnes mises en cause dans les vingt arrondissements sont originaires de la capitale. Paris importe donc plus de la moitié de ses délinquants ». Révolutionnaire sans doute: les beaux quartiers ne sont pas des fabriques à délinquance, ce sont les banlieues pauvres ! Et dans Paris, les quartiers les plus pauvres sont aussi ceux qui génèrent le plus de délinquance. La préfecture vire-elle, et le Figaro aussi, au gauchisme primaire? Vont-ils critiquer le sécuritarisme ambiant? Il semble que non. Quelles sont les conclusions à en tirer? Qu’il faut renforcer la police qui protège la capitale, sous l’autorité de son commandant, le Préfet. On aurait pu penser qu’il fallait s’attaquer à la cause de la fabrique délinquante, si bien identifiée par le rapport. Sans doute inutile. Et si on cherchait à savoir d’où viennent les délinquants qui touchent les banlieues. Et si le Val d’Oise était touché par la délinquance de la Seine Saint-Denis, ne faudrait pas mieux déplacer les sureffectifs policiers parisiens pour protéger le Val d’Oise. Et si les Hauts de Seine importaient la délinquance des quartiers pauvres de Paris, ne faudrait-il pas protéger les Hauts de Seine. On notera avec délectation que les « étrangers, les provinciaux et les SDF » dont rangés dans la même catégorie d’analyse. Il suffisait d’y penser. C’est bien d’avoir unifié la police des transports à l’échelle de la région parisenne. Que l’analyse de la délinquance se fasse également à cette échelle serait souhaitable afin d’éviter de renforcer l’inégalité de couverture policière qui profite déjà à Paris et que ce type d’analyse vise à renforcer. L’appréhension globale du problème délinquant à l’échelle de la métropole ne semble toujours pas être engagée. Tans pis pour les départments défavorisés. CNRS, Université de Grenoble, Institut d’Etudes Politiques

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