Après une nouvelle élection, l’heure des réformes (imporpulaires souvent) sonne. Que faudrait-il faire en ce qui concerne le forces publiques? Quelles erreurs éviter? [ 05/18/2007 ]

[ 05/18/2007 ]

A l’heure des réformes, un certain nombre d’impasse devraient être évitées. La plus importante est sans doute de fusionner la police et la gendarmerie. En effet, le système français souffre d’une forte centralisation. Le monolithisme rend peu apte à s’adapter, qu’il s’agisse de l’éducation nationale, de la justice ou de la police. Un système monopolistique et centralisé (dont on ne veut plus dans le secteur économique mais qu’on n’ose pas revoir en matière de sécurité intérieure) a beaucoup d’inconvénients, et notamment de ne pas être sensible aux réalités locales, ne résister aux crises sans devoir en tirer des leçons (aussi bien les émeutes de 2005, les pires de l’histoire contemporaire, ne provoquent pas de questionnement sur les relations police-population, l’affaire d’Outreau échoue à réforme la justice etc…). Ainsi les effectifs de police et gendarmerie sont-ils toujours les plus nombreux dans les départements les moins criminogènes ou les jours de la semaine où les délits sont les plus nombreux. Cette nationalisation pousse à la production de « chiffres utiles nationalement », mais inutiles localement, comme les variations dans les taux d’élucidations globaux. L’absence d’une régionallsation policière avec une bonne dose d’autonomie fait qu’on ne peut essayer localement des réformes, comparer des directions entre elles d’un terroir à l’autre et choisir la meilleure voie. Les réformes sont imposées de haut en bas en fonctions de considérations nationales souvent éloignées de l’efficacité réelle (plutôt qu’affichée dans les chiffres). La décentralisation dans la police est dans l’ensemble des autres pays européens un gage de démocratie, évitant qu’un gouvernment autoritaire ne tiennent dans une seule main toutes les manettes du pouvoir. Cette centralisation avait été voulue par le Maréchal Pétain pour mieux servir l’occupant allemand, dans le cas français. La diversité française qui subsiste aujourd’hui est celle de la police nationale et de la gendarmerie (peut-être dans le futur la police municipale étoffée en nombre sera-t-elle également importante à considérer dans toutes les grandes villes, ce n’est pas encore le cas). Aller vers la fusion serait renforcer encore le monolithisme, et donc limiter les capacités d’apprentissage des organisations, d’adaptations aux terroirs, et les risques pour la démocratie (pas dans l’immédiat mais qui peut dire de quel est l’avenir à un terme plus éloigné, sachant qu’on ne pourra que très difficilement faire marche arrière). Aller vers la fusion serait construire une seule force de 250 000 fonctionnaires. Qui voudrait construire de pareils mamouths à l’heure de la flexibilité, de l’éfficacité et de l’orientation client? Alors qu’on veut régionaliser les universités (et demain le reste de l’éducation nationale) pour libérer le sens de l’autonomie, le renforcement des liens avec la société civile et économique, on ferait l’inverse pour la police? Une fois consolidé, un pareil bloc aurait une inerte proportionnelle à sa taille. On n’a surtout pas besoin de cela. Le coût de la sécurité publique va exploser car les règles d’emploi des gendarmes sont avantageuses pour le contribuable: son statut de miliaire le rend disponible bien plus qu’un policier (même si des aménagements ont eu lieu depuis quelques années), et donc moins coûteux par heure travaillée. La fusion ne saurait se faire et priver le gendarme du statut militaire sans lui donner l’égalité de traitement et de temps de travail avec les policiers. Il va falloir recruter encore. Les impôts vont supporter ce surcoût. Sans qu’on puisse montrer, au contraire, que les pays européens qui ont la police publique la plus nombreuse par 100 000 habitants aient moins de délits ou un meilleure service rendu à la population. Ce qui fait défaut en France, ce sont des instruments communs qui commencent à voir le jour (logiciels, centrales d’achat, etc…) et surtout l’amélioration de la coordination entre forces et avec les autorités politiques locales ainsis qu’avec la population. Or, le fait de devenir monopoliste ne pousse pas une organisation à se soucier plus de son environnement et à intégrer ses besoins. Ce sont les entreprises de sécurité privée qui vont se frotter les mains: une grosse administration, de plus en plus coûteuse, de plus en plus lourde, de plus en plus détaché du client… voici des marchés qui s’ouvrent pour des structures flexibles, qui ne peuvent ignorer le besoin du client, désireuses de rendre un service pour un prix avantageux. Le jour (éloigné?) où les finances publiques seront resserrées, on ne modifiera par le « grand corps fusionné », mais on comparera le rapport prix/service entre le privé et le public et le choix de la privatisation apparaîtra le plus logique, comme il l’a déjà été pour la sécurité des transports de fonds, des aéroports, des stades, des hypermarchés, des banques, des transports d’oeuvre d’art etc…

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