Commerce illégal: cannabis et produits pirates, même combat ? [ 05/29/20 ]

[ 05/29/20 ]

Discussion postée sur le blog de Hervé Pierre http://blog.economie-criminelle.fr en réponse à ses notes. Hervé Pierre est un ancien commissaire de police.
L’économie souterraine progresse sur fond de crise économique. Elle trouve ses bases arrières dans les quartiers les plus défavorisés, et les plus hostiles à la police. Elle trouve dans ces mêmes lieux les recrues pour faire marcher le business. Elle provient aussi de l’insuffisance de l’approche policière pour régler le problème des trafics. Nécessaires, les raids ponctuels et spectaculaires comme à Saint Ouen le vendredi 15 mai sont malheureusement insuffisants. D’une part parce qu’ils sont surtout conçus comme des opérations de communication politique: ce qui est important à court terme, c’est ce qu’on en dit dans la presse. Les opérations contre les trafics visent à répondre médiatiquement aux violences mortelles qui émaillent la revente illégale, avec cinq personnes blessées à Saint Ouen en deux mois. Aux balles répondent les mots du ministre. Il faut faire vite, en 15 jours on monte quelque chose parce que le ministre l’a promis aux élus locaux. Mais ces opérations ne cherchent pas vraiment de stratégie de moyen terme, la profondeur et la stratégie c’est ce qui manque le plus. D’autre part parce qu’ils ne se soucient pas assez d’impliquer la population dans la lutte. Or, si la population pourrait être mobilisée contre le trafic de cannabis – enfin, on pourrait imaginer que les pouvoirs publics essaient de le faire -, ce serait encore plus délicat contre les trafics de biens légaux (fabriqués légalement mais importés illégalement, ou contrefaits et importés illégalement) comme les parfums, vêtements ou les cigarettes. Cela suppose de s’y pencher. Des recherches sur l’adhésion de la population à la lutte contre les trafics sont nécessaires pour construire une politique durable. Dans la commune d’à côté de Saint Ouen, Aubervilliers, ce type de trafics prolifère. Et, pour le coup, il se fait à moindre bruit. Qu’on chasse les trafiquants du cannabis et ils pourraient se réfugier dans un autre trafic. Au risque de me répéter, une stratégie globale est nécessaire, multi produits (légaux ou non), et partenariale. Elle doit se construire localement pour associer la population locale qui habite le territoire concerné.

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