EDVIGE, LA QUESTION DES LIBERTÉS ENFIN OUVERTE EN FRANCE [ 10/02/2008 ]

[ 10/02/2008 ]

La polémique entraînée par la tentative de passage au forceps d’Edvige, un fichier de renseignement qui rassemble pêle mêle les mineurs, les responsables associatifs ou politiques ainsi que d’autres informations permet d’ouvrir un premier débat sur le fichage et la protection des droits des personnes en France.

Les nouvelles technologies apparaîssent sans prévenir. Elles se diffusent rapidement.Ainsi, les fichiers de police et de renseignement sont passés des fiches cartonnées rangées dans des armoires à des fiches électroniques gérées par des systèmes informatiques. Comme chacun sait, la capacité d’exploitation des informations dépend de leur mode de stockage. Les mêmes informations centralisées dans un seul fichier électronique sont potentiellement beaucoup plus précieuses et également plus problématiques sur le plan des libertés que si elles sont disséminées et mal aisément consultable. La constitution d’un fichier électronique central n’est donc pas une simple prolongation de pratiques antérieures en ce sens. La tentation de fichage élargie (aux personnes à risque, à celles qui pourraient troubler) a légitimement provoqué un débat vif. Il était temps. L’ensemble des activités de constitution de fichiers doit pouvoir être réglementée (qu’ils soient publics ou privés). Et, les autorités de contrôles extérieures doivent voir leur prérogatives étendues ainsi que leurs moyens. Plus de gros fichiers détenus par plus d’organismes doit impliquer plus de ressources pour encadrer ces pratiques. Il faut une réflexion globale à l’Assemblée Nationale et au Sénat, qui traverse les sensibilités partisannes. Il faut une loi cadre. Il faut construire les outils nécessaires pour assurer la supervision. Les libertés, les droits de l’homme ne sont pas une cerise sur le gâteau, mais des piliers sur lesquels l’état de droit est construit. Si personne n’y veille, les libertés tendent à être assimilées à des contraintes (sur les conditions de recueil et de conservation des informations) et laissées au bord de la route. Merci aux excès d’Edvige qui ont permis de soulever le couvercle. La fin d’Edvige devrait être perçue comme un signe d’espoir quant à notre capacité à aborder des questions essentielles. Espérons que les représentants du peuple vont exercer leurs prérogatives.

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