Emeutes en Grèce: la contagion européenne est-elle possible? [ 12/12/2008 ]

[ 12/12/2008 ]

Alors que des incidents ont eu lieu devant les représentations diplomatiques grecques en Europe et notamment en France, des voix s’élèvent pour évoquer un risque de contagion du mouvement de protestation hellénique. Sébastian Roché, chercheur au CNRS spécialiste des questions de violence collectives et auteur du «Frisson de l’émeute» (Ed. du Seuil), analyse la situation pour 20minutes.fr…

Le consulat de Grèce à Bordeaux a été incendié, celui à Grenoble fermé… Faut-il y voir le signe d’une possible contagion en France?

Difficile à dire. La situation en Grèce est bien spécifique. Il y a une vraie contestation de la légitimité politique du gouvernement, ce qui n’est pas le cas en France. Même s’il y a des motifs de mécontentement, Nicolas Sarkozy et son gouvernement bénéficient d’une majorité importante à l’Assemblée et d’une légitimité institutionnelle. Par ailleurs, les étudiants qui manifestent en Grèce dans les centres-villes ou les facs n’ont rien à avoir avec les jeunes à l’origine des émeutes urbaines françaises de banlieues en novembre 2005. D’un côté, la mobilisation est politisée avec slogans et revendications, de l’autre elle ne l’était pas.

Mais la contagion ne pourrait-elle pas venir, justement, des étudiants ou plutôt des lycéens français?

Si leur mouvement se radicalisait, attirant l’attention des médias européens sur un deuxième pays en proie à une contestation de jeunes étudiants, on pourrait en effet parler d’un risque de diffusion à l’Europe, d’un effet dominos, un peu comme en mai 68. D’autant qu’il y a un terreau favorable au mécontentement en France à travers toute la fonction publique d’une part et les effets de la crise et la hausse du chômage d’autre part. Ce scénario n’est donc pas à exclure.

Mais un mouvement de contestation pourrait-il se fédérer au niveau européen?

C’est là toute la question. On a vu que la gauche radicale et le mouvement altermondialiste pouvaient se fédérer au niveau international, mais à l’occasion de rendez-vous pris à l’avance comme le G7. Là, il s’agit d’un mouvement étudiant spontané. Une coordination européenne de ces groupes de jeunes sans passer par des organisations syndicales paraît difficile. Il faut des revendications communes, une agrégation des intérêts sinon le mouvement s’essouffle. C’est déjà difficile à réaliser au niveau national, alors au niveau européen…

Propos recueillis par Catherine Fournier/ 20Minutes.fr, éditions du 11/12/2008 – 13h13

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