Incendies de voiture de la St Sylvestre: les réponses de M. Sarkozy peu susceptibles d’améliorer la situation. [01/01/2009 ]

[01/01/2009 ]

Le président a besoin de rester ferme sur la délinquance au moment où l’économie s’enfonce dans la crise et où la tension sociale risque de croître plus encore. Au moins, sur ce dossier il sait compter sur une crédibilité importante dans l’opinion et un savoir faire en matière de communication. Et, cette année plus de 1000 véhicules ont été détruits la nuit de la Saint Sylvestre, un chiffre en augmentation d’un tiers. Il annonce l’impossibilité de passer le permis de conduire. Mais quelle efficacité attendre des mesures proposées?
Comme souvent, son diagnostic est juste, les incendiaires touchent en majorité des familles modestes et la voiture est un outil de travail indispensable pour les victimes. Mais, comme souvent en matière d’insécurité ses réponses semblent peu susceptible d’améliorer la situation. En effet, les auteurs d’incendies de voiture ne sont pas des primo délinquants, ils sont dans un rapport de tension et d’agression avec les autorités et particulièrement la police. Ils commettent différents délits « annexes » (caillassages, vols, agressions) pour une grande partie d’entre eux. Et, probablement, ils conduisent déjà sans casque et sans permis à l’occasion ou même plus fréquemment. Les menacer de ne pas passer le permis apparaît dans ces conditions d’une efficacité douteuse. Surtout, l’enclavement des banlieues étant une question toujours d’actualité, les moyens – comme la voiture – qui peuvent faciliter l’obtention d’un « job » et donc un espoir d’insertion (certes bien mince en cette période de crise économique) ne sont pas nécessairement ce qui doit faire l’objet d’une interdiction. Sortir de la délinquance suppose de se réinserer dans la société légale, faut-il le rappeler?
La tactique du renforcement des moyens (la ministre de l’Intérieur a annoncé 35 000 fonctionnaires mobilisés pour la nuit de la St Sylvestre) semble alimenter la mobilisation chez les jeunes de banlieues. Plus de policiers dans les rues, c’est cette année plus de voitures détruites. Et le phénomène de croissance dans la mobilisation de part et d’autre se développe depuis 30 ans. Et si on cherchait une autre stratégie? Et si plutôt que de se préparer à l’afrontement police-jeunes on essayait un rapprochement, difficile, risqué, instable certainement. Mais peut-être porteur de plus d’espoir que les annonces de fermeté sur les ondes qui ne portent pas leurs fruits sur le terrain. La stratégie de police qui visent à mieux connaître et servir la population a un nom. La police de proximité. Une police qui se coordonne avec les autres institutions publiques pour apporter une réponse globale à cette délinquance des jeunes (sans éducation, sans formation, sans opposrtunités, leur voie est tracée). Et si on donnait une seconde chance au pragmatisme plutôt que de courir sans fin à la confrontation?

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