La délinquance va mal. Mais, comment les préfets peuvent-ils faire baisser la délinquance? [ 07/20/2009 ]

[ 07/20/2009 ]

Le ministre de l’intérieur s’est-il rendu compte que les choses ne vont pas si bien que cela sur le front de la délinquance et de la police? Même les chiffres globaux qui ne veulent pas dire grand chose mais sont retenus comme indicateurs pertinents par le gouvernement le montrent. On savait la délinquance liée à la drogue en hausse rapide, et donc l’économie parallèle qui va avec et se structure du même coup. On voit maintenant que divers incidents débouchent sur des émeutes dans les villes française de l’ouest ou du centre, qui ne sont en général pas les plus chaudes (mais qui s’étaient illustrées cependant en 2005 lors des émeutes les plus importantes que la France ait connue – et l’Europe aussi). Et, même les cambriolages et les vols violents progressent. Quant ça va pas, ça va pas. Et le tout se produit au moment où les prisons sont pleine, la pression ayant été mise par les juges sur les délinquants de rue (ce sont les courtes peines qui expliquent l’augmentation de la population carcérale). De ce fait, on ne pourra pas neutraliser facilement ne serait que dans le court terme un grand volume de ces auteurs. Alors quoi faire? On peut convoquer les préfets, ce que fait le ministre Hortefeux en ce milieu du mois de juillet. Comment cela pourrait-il avoir une efficacité? On se le demande. Si les policiers sont déjà dans les rues et les prisons pleines, il faudrait mieux demander aux conseils généraux en charge de la prévention de se mobiliser, non? Mais il faut bien faire quelque chose de symbolique, d’autant plus que pratiquement les issues sont limitées. Les mains liées, le gouvernement va devoir attendre que le vent tourne, car c’est le vent de l’économie, des mentalités et de la démographie combiné à celui des industriels (plus ou moins efficaces pour protéger les biens qu’ils nous vendent) qui détermine les hausses et les baisses de la délinquance! Dans le même temps, Amnesty International, l’observatoire international des prisons et la presse (un reporter stagiaire du monde embarqué et secoué bien qu’il ait décliné son identité de journaliste) ont mis en cause les comportements de certaines policiers. Vraiment, quand ça veut pas aller… Les perturbations sont les facteurs de changement des systèmes. Avec un peu de chance, une véritable politique de sécurité pourrait voir le jour en France, une politique qui ne regarde pas que les indicateurs (mal choisis hélas) de quelques délits et taux d’élucidation, mais qui vise à remettre sur le tapis la coordination locale et l’équilibre prévention – répression. Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, Institut d’Etudes Politiques, Université de Grenoble.

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