La police municipale et la gendarmerie mises au banc d’essai: le cas de Sainte Maxime l’été. [ 08/24/2014 ]

[ 08/24/2014 ]

Les vacances sont l’occasion d’examiner le fonctionnement des polices françaises. Sans préméditation. Voici l’histoire. Je passe mes vacances dans la cité balnéaire de Sainte Maxime, d’où je suis originaire, avec ma famille. En descendant depuis une colline à la plage sur la croisette, nous notons, de manière répétée, pendant un journée, deux journées, une semaine, puis deux semaines qu’une voiture est garée à cheval sur le petit trottoir et la chaussée. L’Audi A6 quattro, customisée sport, ne doit pas couter moins de 60 000 euros neuve. Sans la peinture métallisée, toujours en option chez Audi. Mes enfants remarquent que le toit ouvrant est entrebâillé, et que les aiguilles des magnifiques pins parasol qui surplombent la voie pénètrent dans l’habitacle où ils s’amoncellent. Ils notent aussi que des clés – qui ressemblent à celles d’une habitation – sont ostensiblement laissées sur le siège passager. Mes enfants qui n’ont pas suivi d’entrainement particulier, trouvent la situation étrange.
Les policiers municipaux, alertés par le voisinage probablement, viennent la visiter et la verbalisent. Ils indiquent à l’aide d’une carte lettre additionnelle – la municipalité est passée au tout électronique – qu’elle est l’objet d’une verbalisation pour « autre motif » qu’un défaut de paiement, la voiture n’étant pas garée sur une zone à parcmètre. Les policiers municipaux de Sainte-Maxime auraient-ils besoin d’une petite formation rapide ? Si ma fille de 15 ans arrive à faire une lecture de la situation, pourquoi pas eux ? Qui laisserait sans réagir sa modeste Audi garée devant chez lui se remplir d’aiguilles de pin parasol ? Probablement pas son propriétaire. Certes, les agents municipaux n’ont pas accès directement au fichier des véhicules volés pour vérifier ce qu’il en est. Mais, coopération policière et complémentarité des forces obliges, rien n’aurait empêché un agent soucieux de bien faire d’appeler la gendarmerie pour réaliser ladite vérification. Que nenni !
C’est la première leçon de cette petite histoire : avec un peu de bon sens il y a déjà plus d’une semaine que la voiture aurait pu être retrouvée. Verbaliser, c’est bien. Analyser, c’est mieux. Le propriétaire malchanceux va maintenant avoir à se dépatouiller avec la verbalisation de son véhicule, en plus des formulaires nombreux que son assurance va lui réclamer assortis de justificatifs divers. Les petits détails font la qualité du service et le bonheur des citoyens. Petite formation je vous dis !
Au bout d’une seconde semaine, il fallait bien laisser leur chance aux policiers municipaux, dans le sud l’urgence n’a pas un rythme nordique, ma fille veut absolument appeler pour signaler ce qui cache probablement un délit. J’approuve ce geste citoyen. Elle compose le 17, tombe sur un centre d’appel situé quelque part entre Singapour et Nancy, qui l’a redirigée vers la gendarmerie municipale de Sainte-Maxime. L’accueil est chaleureux, l’accent du sud est au rendez vous, tout va bien. L’agent relève les informations utiles, le lieu, la description de la voiture, ce qui laissait penser que la voiture était volée, le numéro d’immatriculation. Il n’oublie pas de demander notre numéro de téléphone mobile. Il consulte le fichier des voitures volées, remercie ma fille et annonce qu’il va envoyer ses collègues. Ce qui fut fait.
Ma fille, entre temps, me demande s’ils vont l’appeler une fois l’affaire bouclée pour lui témoigner un soupçon de gratitude. Jeune et encore ingénue, elle ignore que l’Etat n’a pas l’habitude de travailler le lien entre service public et population, de le renforcer par ces petits gestes qui comptent tant. Je l’éduque : non ma fille, pas de merci, qu’il est saugrenu de l’attendre. Intéressant non ? Elle conclut: « c’est trop triste ». Eh oui.
C’est la seconde morale de l’histoire. Que les jeunes citoyennes qui s’intéressent plus que tous les autres vacanciers au fait qu’un délit ait été commis ne trouve aucun écho dans les procédures de nos forces de l’ordre, qu’aucun petit geste peu ou pas couteux ne soit fait, même par SMS puisque notre numéro de téléphone a été relevé – une fois que la procédure est lancée, et que la voiture est enlevée par exemple. Une relation, ça s’entretient, n’est-ce pas ? D’autant que ma fille a permis de retrouver la voiture, ce qui va être versé au crédit des gendarmes. Les petits détails font une bonne gendarmerie. Les informations qui rendent une force efficace sont souvent livrées par les citoyens ordinaires, et faire vite sans ces informations est compliqué, voire impossible. La réactivité policière passe par le contact avec la population. Ça vaut bien un SMS, non ?

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