La situation à Gaza peut-elle favoriser générer des troubles civils importants dans les banlieues en France? [ 01/11/2009 ]

[ 01/11/2009 ]

La situation à Gaza peut-elle favoriser une identification des jeunes de banlieue se considèrent parfois comme une minorité assiégée? Et donc générer des troubles civils importants?
La situation à Gaza pourrait constituer un facteur de trouble dans les banlieues françaises. Le conflit à Gaza est un facteur d’instabilité. À plusieurs reprises, on a constaté que les événements au Proche-Orient pouvaient avoir un impact sur le comportement des jeunes de banlieue. Cela peut se traduire par des tensions entre personnes d’origine maghrébine et personnes juives, ou par des conflits entre les jeunes et les autorités. En 2000, lors de la seconde Intifada, s’était produit un effet d’entraînement. Certains jeunes étaient tentés de reproduire ce qu’ils voyaient au journal télévisé. Ce phénomène était-il circonstanciel ou pourrait-il se reproduire aujourd’hui ? Il faut savoir que dans certaines communes de la banlieue parisienne, plus des deux tiers des jeunes de moins de 25 ans sont étrangers ou nés de parents étrangers. Le « bassin de recrutement » est potentiellement énorme. Mais le processus d’identification – qui n’est souvent qu’un mécanisme mimétique – demeure limité. Il concerne généralement des gens peu ou pas politisés. Il repose sur un sentiment d’appartenance à un groupe musulman, même si cette identité ne se traduit pas toujours par une pratique religieuse. Par ailleurs, les jeunes de banlieue se considèrent parfois comme une minorité « assiégée ». Pour sécuriser les quartiers, la police effectue, à la périphérie, des contrôles, parfois au faciès : dans les zones urbaines sensibles, on a deux fois plus de chances d’être contrôlé si on n’est pas blanc. Les policiers recourent aussi à des techniques utilisées en situation de guerre, depuis les armes non létales que sont les flash-balls jusqu’aux drones. On est certes loin des bombardements et d’une occupation avec chars. Mais on note une certaine militarisation. Une possible intervention de l’armée avait ainsi été évoquée en 2005, durant la crise des banlieues. Et certains dressent un parallèle entre leur quartier et les Territoires palestiniens. L’identification repose aussi sur une exclusion sociale et économique, source de ressentiment. Bien sûr, la France n’est pas en guerre contre ses banlieues. Mais, le mouvement de marginalisation des banlieues et d’appauvrissement des jeunes non scolarisés est réel. Depuis des décennies, on n’observe aucun progrès. Ce qui fait du problème des banlieues un problème qui semble aussi insoluble que le conflit israélo-palestinien. Même si les tensions sont bien sûr plus faibles dans les banlieues françaises. Ne nous cachons pas que le problème est tout aussi complexe. La discrimination et le droit à l’éducation, les deux questions clés pour les banlieues, n’ont été abordés de front par aucun gouvernement. La frustration qui en découle constitue un facteur de risque, bien identifié d’ailleurs par les services de renseignement de la police. Les conditions socio-économiques favorisent donc le recrutement de certaines personnes par des intégristes politiques et/ou religieux. Le ministère de l’intérieur y voit une menace, mais on ne dispose guère d’éléments pour mesurer son ampleur. Pendant d’autres périodes de crise où des affrontements auraient pu avoir lieu entre communautés s’il y avait un contentieux fort, comme lors de la super crise des banlieues de 2005, l’hypothèse d’une manipulation par des intégristes religieux avait finalement été écartée faute d’éléments concrets. Les événements du Proche-Orient sont donc un facteur externe – sans doute le seul facteur externe – de renforcement des tensions entre Arabes et Juifs en France. Et les manifestations qui rassemblent dans les centres villes des cortèges de protestataires et sympatisants le montrent sous une forme participative directe qu’il ne faut pas confondre avec les exactions, incendies ou agressions commis par ailleurs par des individus ou petits groupes en catimini. Et des profils plus politisés agissent également mobiliser à un moment qui leur semble favorable. Ceci explique les dizaines d’incidents relevés dans l’hexagone depuis le début du conflit. Cela dit, la société française possède un certain nombre de garde-fous contre des affrontements de grande ampleur entre groupes religieux ou ethniques, ne serait-ce que parce qu’elle est faiblement «communautarisée» ce qui se voit paradoxalement peut-être dans les formes de violence collectives que nous connaissons par opposition à nos voisins anglais ou hollandais. Et s’il existe chez nous des organisations religieuses qui font du prosélitisme et de l’activisme, aucune d’elles n’a entrepris une action collective d’envergure contre un autre groupe.

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