Le dispositif “participation citoyenne” [ 02/01/2012 ]

[ 02/01/2012 ]

Interview pour le Dauphiné Libéré, propos recueillis par Fabrice Margaillan.

Que pensez-vous du développement du dispositif “participation citoyenne” ?
Je n’ai pas de réticence de principe. C’est une bonne idée que les gens soient impliqués dans ce qui les concerne directement. Il est de toute façon impossible pour les forces de police et de gendarmerie de faire de la sécurité sans la population. Je ne pense pas malgré tout qu’il faut en attendre une efficacité miraculeuse. Cela va être difficile de trouver des participants et de faire fonctionner ce dispositif durablement. Parce que la délinquance est quelque chose de démoralisant. La chose ne durera pas si on place la barre trop haut. De plus, il ne faut pas oublier que la délinquance s’adapte toujours aux dispositifs qu’on met en face d’elle.

Certains craignent une dérive vers de la délation ou la création de milices. Qu’en dites-vous ?
Il faut toujours faire attention dans ce type de dispositif qui impliquent les pouvoirs publics, mais je ne pense pas que les forces de l’ordre puissent faire leur travail sans la population. Si personne ne parle, les enquêtes ne se font pas.  Sinon on s’oriente vers d’autres dispositifs, hors de la population avec des technologies de type vidésurveillance ou drônes, qui vont capter l’information sans les citoyens. Il faut que les citoyens coopèrent, mais aussi que la police rende des comptes à la population, ce qui n’est pas le cas dans le système actuel.  Il faut en profiter pour changer la culture des forces de l’ordre vis-à-vis de la population. Je pense notamment que la population devrait pouvoir participer à l’orientation de l’activité de la police localement.  Le système centralisé actuel sert plus à créer des statistiques pour des élections qu’à travailler au service de la population.

Comment peut-on expliquer les réticences de la population à travailler avec la police ?
La référénce à la collaboration pendant l’occupation est une légende. Les gens ne travaillent pas beaucoup avec la police parce qu’ils ne se sentent pas reconnus comme véritable partenaires. Cela tient plus à la structure nationale et centralisée des polices qu’à autre chose. C’est déjà moins vrai pour la gendarmerie qui est plus intégrée dans le tissu local.

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