Le ministre de l’intérieur fait fausse route quant à l’efficacité de la vidéosurveillance [ 09/19/2009 ]

[ 09/19/2009 ]

Le ministre de l’intérieur et les inspections font fausse route quant à la « preuve » de l’efficacité de la vidéosurveillance. Les inspections générale de l’administration, de la police et de la gendarmerie ont rendu un rapport dont les conclusions feront plaisir au ministre mais qui n’ont pas de valeur. Voici pourquoi.

Les conclusions des inspections dans leur rapport rendu cet été sont erronées, au premier titre desquelles le fait que « l’analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention » de la délinquance. Pourquoi? En résumé, l’éventuel effet de lavidéosurveillance sur la délinquance ne peut pas être mesuré au plan des circonscriptions de police ou des communes en zone gendarmerie. Ces unités géographiques sont vastes et elles ne sont pas intégralement couvertes. Aucune étude scientifique n’a procédé comme cela et ne le fera dans le futur. Il faut ajouter trois points : 1/ Les indicateurs de la délinquance retenus ne convainquent pas. D’une part les mesures des atteintes aux biens ne sont pas assez spécifiques (comment pourrait-il y avoir un effet sur le nombre des cambriolages). D’autre part, les atteintes volontaires à l’intégrité physique sont essentiellement des coups et blessures. Une grande partie d’entre eux sont liés aux différents familiaux et domestiques qui se déroulent dans les espaces privés qui sont hors de portée des caméras. 2/ Les périodes de références temporelles (plus ou moins deux ans autour du moment de l’installation) retenues pour mesurer l’effet de la vidéosurveillance autour d’une date pivot ne sont pas adaptées : une même communes s’équipe par phases successives, il n’y a donc pas d’avant et d’après une date pivot donnée à cette échelle géographique. 3/ Les indicateurs de densité d’équipement ne sont pas pertinents (nombre de caméras pour 1000 habitants), car les caméras surveillent des espaces et non pas des personnes. Il faudrait rapporter les superficies couvertes aux superficies des communes ou circonscriptions de police. Sebastian Roché, CNRS, Université de Grenoble

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