Le plan Marshall pour les banlieues n’aura pas lieu. [ 06/22/2008 ]

[ 06/22/2008 ]

Le plan Marshall pour les banlieues n’aura pas lieu. En tous les cas pas tout de suite. Il y deux choses à faire en priorité pour les banlieues, et elles sont bien connues, bien identifiées par les responsables. La première consiste à donner aux élus locaux et aux responsables d’état au plan local les moyens d’agir dans ces espaces. Ce surcroît de moyen est nécessaire pour compenser la pauvreté des résidents et donc des zones dans lesquelles ils habitent et parfois travaillent. Or, ces moyens ne peuvent pas être trouvés à l’intérieur des zones en question puisque, précisément, elles sont pauvres et tendent à s’apauvrir (notamment du fait que ceux qui s’en sortent … en sortent au sens littéral). Il faut donc une réforme de la fiscalité qui transfère les ressources de ceux qui ont plus qu’assez (sans pour autant dire qu’ils ont tout ce qui est souhaitable) vers ceux qui ont nettement moins que ce qui est souhaitable. La dégradation des conditions de vie en général dans ces quartiers affecte négaltivement les efforts des familles par exemple en matière de réussite scolaire. Sans cette transfusion financière, il n’y a pas d’espoir à court terme pour ces espaces (même si des inidividus vont s’en sortir, bien sûr). Or, cet élément clé ne figure pas dans les nouvelles mesures annoncées. L’autre point critique concerne la lutte contre la discrimination. Au motif de l’égalité formelle, les gouvernements en France n’ont pas facilité l’établissement rigoureux de l’ampleur des discrimination face au logement, au travail, à l’école, à la police qui sont vécues par les résidents des zones urbaines pauvres, et qui sont très majoritairement d’origine étrangère. L’expérience de la discrimination (quelque soient ses causes, liées à des préjugés ou bien au fonctionnement d’un système) sape nécessairement toute idée de collectif fort, et donc aussi le collectif national. Une politique de lutte contre la discrimination est attendue. Elle devrait favoriser les études rigoureuses, les engagements symboliques, l’usage du volet légal et pénal dans un même mouvement. De cela, il n’est pas question non plus. Faute de toucher les deux dimensions centrales du problème des banlieues (le sous financement et la discrimination), un plan supplémentaire ne saurait hélas faire la différence. La bonne volonté et la bonne foi ne suffisent pas à faire une politique.

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