Le sport est mauvais pour la santé [ 09/20/2008 ]

[ 09/20/2008 ]

Des centaines de milliers de personnes se blessent chaque année en pratiquant un sport. Le coût économique très élevé (coût des traitemnents des accidents, sequelles, jours de travail perdus) est mal connu.

Chaque année, d’entorses en morts subites cardiaques, de fractures d’un doigt à l’arrachement d’un plexus brachial, ce sont 900 000 personnes par an qui se blessent parmi les 15 millions de français licenciés au sein d’une fédération et les 36 millions de personnes de 15 à 75 ans qui déclarent pratiquer un sport. « Cela fait environ 2 500 personnes qui chaque jour se présentent dans un des 631 sites d’urgence hospitalier de notre pays », résume crûment Bertrand Thélot de l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Mais en réalité, ni les fédérations sportives, ni le corps médical, ni les services de l’État ne répertorient la totalité des accidents traumatiques dus au sport en France. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie cette semaine pour la première fois sur ce thème des données pour 2004 et 2005 extraites de l’enquête permanente sur les accidents de la vie courante (Epac). Il apparaît d’une part que ces complications sont fréquentes : 15,1 accidents pour 1 000 personnes par an (soit 22 pour 1 000 hommes et 8,6 pour 1 000 femmes). Ensuite les plus nombreux concernent les sports d’équipe (43 %), en particulier de football chez les hommes (70 %), ce qui n’étonnera personne si l’on sait que chaque dimanche pour la seule Ile-de-France, ce sont 10 000 matchs qui sont disputés ! Les activités les plus dangereuses sont les sports d’hiver (qui regroupent les activités d’escalade et les pratiques de ski) et l’équitation : 29 % des fractures surviennent dans chacun de ces sports, et les taux d’hospitalisation y sont importants (16 et 17 % respectivement). Mais il reste qu’en France « les études épidémiologiques sur les accidents de sport sont incomplètes, dispersées, hétérogènes ou peu disponibles », rappelle le Dr Thélot dans le BEH. Les limites de cette étude Epac, qui repose sur l’enregistrement du recours aux urgences pour accidents de la vie courante (dont ceux du sport) sont bien connues : les auteurs n’ont pu interroger que 12 services d’urgence sur les 631 du territoire. Sur les 179 676 enregistrements de 2004-2005 de la base de données Epac, pour ces 12 hôpitaux, 32 007 étaient des accidents de sport. Les 910 000 accidents de sport extrapolés à partir de cette base se répartissent chez 640 000 hommes et 270 000 femmes. Les accidents surviennent pour 63 % d’entre eux sur un terrain de sport ou de jeux et 13 % en milieu naturel (pour les plus de 15 ans). Le mécanisme accidentel le plus fréquent est la chute (60 %), particulièrement élevé dans les accidents de vélo (83 %) et d’équitation (81 %). Pour ce dernier sport, qui regroupe 600 000 licenciés à la fédération (FFE), il y a aussi les coups de pied, les écrasements, les accidents de longe. Or, ils ne sont pas répertoriés en tant que tels. Si quelques sports comme le cyclisme disposent de statistiques de mortalité depuis les années 1970, ou comme le sport d’été de montagne (par le système national d’observation de la sécurité en montagne) qui répertorie les accidents par gravité et par type, la plupart des fédérations sont impuissantes à comptabiliser avec précision les accidents graves, caractérisés par des séquelles lourdes ou des décès. Un travail pourtant indispensable à la mise en place de stratégies rigoureuses de prévention.

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