Les moyens pour la sécurité sont-ils suffisants? [ 11/15/2013 ]

[ 11/15/2013 ]

Le Dauphiné Libéré. 15 novembre 2013.
Propos recueillis par Vanessa Laime.

Question: Les moyens pour la sécurité sont-ils suffisants?
Réponse: Les syndicats de police sont dans leur rôle lorsqu’ils réclament plus de moyens, des rémunérations plus élevées, plus d’agents. Mais qui va payer pour tout cela? Et, surtout on ne sait pas pour quel service réel on paie d’avantage, car on ne sait pas mesurer la sécurité liée à ces dépenses. Qui peut dire combien de « sécurité » est produite à quel coût par les grandes forces publiques nationales? Personne. Aujourd’hui la Cour des comptes met en garde contre la poursuite de la dérive des dépenses de sécurité intérieure, contre l’accumulation d’avantages et recommande une pause salariale pour policers et gendarmes.

Question: la police et la justice demandent des moyens…
Tout responsable de service dit qu’il pourrait faire plus s’il avait plus de moyens, c’est naturel et compréhensible. Mais faire plus n’est pas forcément améliorer son efficacité. Il n’existe pas de preuve empirique que l’augmentation des moyens de la police améliore la sécurité des citoyens. Si l’on regarde l’évolution des délinquances dans les pays riches, on remarque que les pays qui ont diminué ou fait stagner leur nombre d’agents ont connu la même baisse que ceux qui l’ont augmenté. Même la satisfaction du public n’est pas déterminée par la quantité de policier. La France a déjà beaucoup de policiers et gendarmes pour 1000 habitants. Ce n’est donc pas le problème.

Question: Le manque de moyens financiers et matériels peut être préjudiciable?
Plus de moyens c’est la solution de facilité. Dire « donnez nous plus pour continuer à travailler comme avant », dans une période d’austérité budgétaire, cela ne suffit plus. Il faut trouver des nouvelles manières de faire. La question essentielle est des moyens pour quoi faire exactement? Ce qui est important c’est de mieux utiliser les ressources existantes, corriger les inégalités entre zones, arbitrer les besoins entre services, rationaliser les coûts des unités mobiles (s’en servir comme pompiers des banlieues n’est pas une solution durable), les implantations des gendarmes. Sans changer l’organisation actuelle, on ne peut pas faire mieux, même avec plus de moyens. La police et la gendarmerie sont de veilles organisations, et les réformes successives n’ont pas été assez loin. Ce qui est préjudiciable, c’est de ne rien changer. C’est la responsabilité des leaders politiques d’agir.

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