Les petites phrases ne remplacent pas une vision de long terme pour la police. [ 10/07/2009 ]

[ 10/07/2009 ]

Le président de la République est englué dans les détails, il y a 15 jours, en recevant à l’Élysée pour un déjeuner à huis clos les trois cents députés de sa majorité. A propos des agents de la police en tenue, il a dit : «Trois policiers par voiture, ce n’est pas normal.» Il mettait sur la table le sujet des forces mo biles : «Je ne veux plus de CRS et de gendarmes mobiles à attendre des heures dans les cars sans rien faire», a-t-il prévenu. Evidemment, ce n’est pas une mauvaise idée de tenter d’utiliser les forces mobiles qui restent immobiles dans les véhicules. Mais à ce moment, pourquoi conserver des forces mobiles? Mieux vaudrait régionaliser les forces mobiles ou bien même les départementaliser les placer sous l’autorité du DDSP. Là au moins, on aurait des effectifs à utiliser, surtout dans les départements chauds. Mais là, on est dans la politique policière, plus dans l’annecdote.
Des pertes d’effectifs seront imposées par la révision générale des politiques publiques (RGPP). Il y aura, dit le président, «moins de policiers, mais mieux équipés, avec davantage d’outils techniques et scientifiques, pour passer de la religion de l’aveu à la culture de la preuve». «On ne fera pas le coup des effectifs». Le ministère de l’Intérieur refuse un traitement de faveur. «C’est une porte que je referme définitivement», en référence à une dérogation quant au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Intéressant de la part du Président, car lorsqu’il était ministre de l’intérieur il ne jurait que par la nécessité des moyens supplémentaires et des effectifs qu’il allait envoyer sur le terrain. On avait sans doute plus besoin d’effectifs pour négocier avec les syndicats et enterrer la politique précédente que pour réaliser des tâches de police… car les tâches sont toujours là mais le besoin d’effectifs est enterré. Une vision à long terme des politiques de sécurité et du déploiement des effectifs est nécessaire pour éviter ce gonflement politique des effectifs suivi d’une déflation drastique avec fermetures de gendarmeries, d’école de police et autres. Mais, à nouveau, on est dans la politique policière. Sebastian Roché, CNRS, Université de Grenoble.

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