Liens entre jeux vidéos et violence: que sait-on vraiment? [ 09/20/2008 ]

[ 09/20/2008 ]

L’actualité remet régulièrement sur le tapis la question de l’effet des jeux vidéo sur le comportement violent des adolescents et parfois des adultes. La question est importante, mais souvent mal posée. Les effets d’imitation sont les plus choquants pour l’opinion et les plus relayés par les médias (un crime reproduit comme dans un jeu vidéo). Mais les effets les plus marqués sont d’une autre nature.

Il est nécessaire de se tourner vers les résultats les plus indiscutables, les “ hard facts ”. Il ne s’agit pas pour moi de présenter des convictions personnelles, mais des faits établis par des chercheurs qui ont consacré plusieurs années voire plusieurs dizaines d’années à ces sujet.
La consultation des méta-analyse (système de quantification des milliers d’études sélectionnées en fonction de leur validité scientifique) ou des études longitudinales qui permettent de répondre à la question des causalités. Les sociétés savantes American Psychological Association, American Academy of Child, American Medical Association etc… concluent à l’existence d’un rapport de cause à effet (causal connection), même si les médias mettent parfois en cause cet effet (comme certains cigarettiers le lien entre cancer et tabac, cf. Bushmann). Il existe plus de 3 500 qui montrent une corrélation entre consommation d’images violentes et comportements agressifs, elles sont de 4 types :
– longitudial (moyenne des corrélations : r=.18),
– sondages ou “ cross sectional ” (r=.19),
– experimentation in vivo (psychologie sociale) (r=.20)
– expérience de laboratoire (r=.25)
Enfin, des résultats similaires sont obtenus avec l’usage des jeux vidéos.
Ceux qui défendent l’effet cathartique (ou d’apaisement) sont des essayistes plus ou moins brillants, mais démentis par la totalité des études les plus précises.
Les résultats des études longitudinales montrent :
– que la négligence vis-à-vis de l’enfant, caractéristiques du quartier, pauvreté, niveau scolaire des parents sont corrélés avec le temps passé devant la TV,
– l’âge et le sexe sont corrélés avec l’agression, pas avec la TV consommée à un âge donné (14 ans),
– que la consommation de TV à 14 ans explique les agressions subséquentes (agressions avec blessures, vols avec violence ou avec menace d’arme). Par exemple, si l’exposition à la TV est <1h/ jour le taux d’auteurs d’actes agressifs est de 5,7 %, et si ≥ 3h/jour, on atteint 25,3 %.
– Sachant que : a/ le contrôle du profil personnel (avoir commis des violences avant l’exposition) ne suffit pas à expliquer l’augmentation des agressions en fonction de la consommation de TV.
– Et que b/La consommation de TV à 22 ans provoque des agressions subséquentes, même si on contrôle par l’agressivité à 14 ans (qui n’est pas liée à une plus grande consommation de TV après cet âge) et également la consommation de TV avant cet âge.
– Donc on peut en conclure que la sélection des programmes TV violents par des jeunes violents ne suffit pas à expliquer le niveau d’agressivité des jeunes.
De plus, la consommation extensive de TV aide à comprendre les interactions les facteurs de risque dans l’environnement et les agressions commises. En effet,
– l’effet TV est encore plus fort si le jeune a une “ histoire personnelle de violence ”, dans ce cas les taux d’auteurs d’agressions passent de 8 % (si <1h/j de TV à 60 % si ≥3h/j)

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