Lu dans « Sciences Humaines » à propos du »Frisson de l’émeute. Violences urbaines et banlieues » [ 03/05/2007 ]

[ 03/05/2007 ]

Le frisson de l’émeute. Violences urbaines et banlieues

Sebastian Roché, Seuil, 2006, 221 p., 16 e.
Benoît Richard
« Concernant les émeutes de 2005, on a à peu près tout dit et tout mélangé. » Partant de ce constat, Sebastian Roché, sociologue spécialisé en criminologie, renvoie dos-à-dos les explications socio-économiques de cet événement et les discours simplificateurs sur la délinquance. Il souligne que ces violences n’ont eu aucun effet politique, et que ce silence fait écho à « l’absence de discours politique des émeutiers ». Il n’y a pas eu non plus de complot, ni d’organisation planifiée des actions. Ces événements se caractérisent par leur spontanéité et ils présentent tous les traits d’un défoulement éruptif où les frustrations, tout comme le côté festif, ont leur part.
Pourtant les émeutes de 2005 ne se réduisent pas à cela. Pour S. Roché, si ces émeutes traduisent un malaise social, c’est celui qui s’est installé entre les minorités et la police. « Un mélange de construction d’identité en fonction des cultures d’origine, et notamment de l’islam, de discordes liées à l’actualité internationale, de tensions avec les forces de l’ordre, de sentiment d’exclusion, de tactiques d’évitement (résidentielles, scolaires) tend à consolider une forme de fracture ethnique à la française », résume l’auteur.
La cause de l’embrasement de dizaines de cités, qui n’a d’ailleurs pas suscité de soulèvement général, est à chercher du côté de l’organisation de la police. L’auteur montre comment la médiatisation de la version officielle des morts de Clichy-sous- Bois a renforcé l’émotion, comment le manque de communication a attisé la révolte, et enfin comment la mauvaise connaissance du terrain par les policiers, due à l’absence d’un réseau de renseignements, a facilité la propagation des violences. L’évolution des relations entre les minorités et la police, ainsi que la création d’une véritable police de proximité où le renseignement tiendrait une place essentielle, permettraient, selon lui, de désamorcer plus efficacement les risques d’émeutes.
http://www.scienceshumaines.com/le-frisson-de-l-emeute-violences-urbaines-et-banlieues_fr_15225.html

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