Manifestations contre la justice: Quid du devoir de réserve des policiers? [ 12/27/2010 ]

[ 12/27/2010 ]

Le palais de justice de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, a été le théâtre vendredi 10 décembre 2010 d’une curieuse manifestation. Après la condamnation de sept policiers à des peines de prison ferme, vendredi 10 décembre, nous avons pu voir le soir des images du tribunal de Bobigny cerné par des policiers en tenue, éclairés par les gyrophares de leurs voitures sirènes hurlantes. Environ 200 représentants des forces de l’ordre manifestent dans le désordre de la rue. Ils protestaient contre la condamnation de sept d’entre eux à des peines allant jusqu’à un an d’emprisonnement ferme. On attend que le ministre leur reproche un défaut de devoir de réserve.
La justice a rendu son verdict. L’homme risquait la réclusion criminelle à perpétuité sur la base d’un mensonge: les policiers qui poursuivaient un voleur de voiture dans le feu de l’action avaient percuté et blessé eux-même un de leurs collègues. Ils avaient rédigé un faux procès-verbal et accusé un innocent. Cerise sur le gâteau, le ministre de l’Intérieur trouve la justice trop sévère. D’habitude c’est le contraire, non? Brice Hortefeux « avait déclaré que le jugement pouvait ‘légitimement’ apparaître comme disproportionné ». Pourquoi ne pas demander au ministre de prononcer les jugements alors, ce serait plus simple. Ce faisant, il agit contre les principes du code pénal qui est une sorte de constitution de l’action de la chaîne pénale, lequel interdit de jeter le discrédit sur une décision de justice, de porter atteinte à son « autorité » ou à son « indépendance ». C’est le moins que le puisse attendre d’un ministre que de respecter la loi, surtout quant il est ministre de l’Intérieur, et donc en charge de la police qui doit faire appliquer la loi.
Heureusement, le Premier ministre « a estimé hier que les policiers condamnés à Bobigny avaient commis des ‘faits injustifiables’, en rappelant que ‘l’honneur de la police’ exigeait ‘un comportement exemplaire’ ». Cela s’applique-t-il au chef des policiers?
Finalement, il faut noter que les sept policiers se sont rendus coupables d’une manipulation qui a été mise au jour par une enquête de l’inspection générale des services. Il faut ici tirer son chapeau sur ce volet du travail des corps d’inspection en France. Elles doivent être encore musclées et leur indépendance mieux garantie pour qu’elles continuent à faire leur travail avec la même qualité.

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