Ministère de l’Intérieur. Nouveaux éléments de langage dans l’année de la présidentielle? Performance, Ethique,confiance. [ 04/17/2011 ]

[ 04/17/2011 ]

Nouveau langage dans l’année de la présidentielle? Performance, Ethique,confiance.

On a vu des discours très critiques se multiplier par rapport à la politique du gouvernement. Y compris d’anciens policiers haut placés. Voir par exemple l’interview de l’ancien patron de la police des polices parisienne dans Le Point du 14 avril 2011 par Christophe Labbé, Jean-Michel Décugis et Olivia Recasens Extrait: « Le policier n’est plus ressenti que comme une matraque. On a privilégié une police de répression qui a perdu le contact avec la population. Cette dérive se niche jusque dans le détail de l’uniforme. L’ancienne tenue du gardien de la paix était inconfortable, mais lui donnait un côté débonnaire et incitait au respect. Aujourd’hui, l’uniforme est taillé pour l’action, mais ressemble à celui des vigiles des sociétés privées et paradoxalement n’impose pas le respect. Surtout, en coupant le lien avec la population, la police a perdu en efficacité. Là où, avant, des policiers de quartier occupaient le terrain et collectaient des informations, on est maintenant obligés, pour savoir ce qui se passe dans les quartiers, d’envoyer des spécialistes du renseignement qui agissent sous couverture ! Ce que fait depuis près de deux ans la direction du renseignement de la Préfecture de police de Paris. Dans certaines cités, les seuls policiers en uniforme que voient les habitants sont des Robocop en protège-tibias et rangers qui font des incursions. Même l’arme de service est disproportionnée. C’est une arme lourde dont les munitions peuvent provoquer d’énormes dégâts. On aurait dû la réserver aux groupes d’intervention comme le Raid, qui font face à des terroristes ou des braqueurs. Le nombre de fois où un policier utilise son arme est très faible – au total, une vingtaine par an en région parisienne – et c’est de moins en moins fréquent. En Grande-Bretagne, les policiers ne sont pas armés et l’on ne se sent pas moins en sécurité à Londres ! »

Mais, on est moins habitué à ce langage du côté de la place Beauvau ou à la Préfecture de Police à Paris. Or nous avons déjà noté l’inflexion de ton à la PP. Et des éléments nouveaux chez le ministre de l’Intérieur. On en trouve de plus en plus nombreux. Ainsi, le 25 mars 2011 lors de la réunion des directeurs départementaux de la sécurité publique et des commandants de région et de groupements de gendarmerie. Le ministre annonce « cinq principes d’action ». L’un d’eux concerne « le rapprochement Forces de sécurité – Population ». Elle se décline en déclarations sur: Performance, Ethique, confiance.
1/ performance et statistiques : « si les chiffres sont naturellement un instrument de mesure de l’efficacité d’une politique, je souhaite que notre action se développe plus encore vers la qualité du lien avec la population qui passe également par des forces de sécurité attentives aux préoccupations des plaignants et victimes dans les commissariats et brigades de gendarmerie, et visibles sur le terrain. Nous devons avoir la culture de ce résultat aussi. La culture du chiffre c’est bien, mais elle ne doit pas devenir le seul et unique critère d’appréciation de votre action et de votre travail. Je suis très certainement obsédé par les bons résultats, mais certainement pas un obsédé des statistiques ! ».
2/ Partenariat et confiance vis-à-vis de la population. Etablir « un lien de confiance » fondé « sur les deux piliers que constituent l’accessibilité et l’exemplarité », « de participer aux réunions de quartiers, aux réunions associatives et d’une manière générale aux réunions avec les différents acteurs et partenaires impliqués par la sécurité de nos concitoyens ». Il veut « une communication de prévention », « renforcer le lien de confiance avec la population » avec un objectif: que la population « amenant à regarder l’organisation et le fonctionnement des services d’une manière plus positive ». Le rapprochement police population est une « priorité » du gouvernement qui doit devenir « une obsession » chez les policiers et les gendarmes.
4/ Ethique. « Les efforts que vous déploierez dans ce domaine, vous le savez, tomberont d’eux-mêmes si l’effort d’exemplarité reste insuffisant. Je suis donc très attaché à ce que la déontologie soit une ligne de conduite sans faille : elle démarre simplement, avec la courtoisie, avec le respect dans les différents contacts que les personnels civils et militaires sont amenés à prendre avec la population ».

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