Moins de policiers l’année prochaine. Beaucoup moins de policiers en fait. [ 10/10/2011 ]

[ 10/10/2011 ]

En 2002 et jusqu’à 2007, la tonalité était à l’embauche masssive de policiers. 2007, ce n’est pas si loin de nous. Les problèmes structurels de la France, al taille de la fonction publique, le déficit, tout cela n’a pas été inventé depuis. La sécurité justifiait des recrutements masssifs. Il faut dire qu’avoir les policiers et gendarmes dans la rue, le gouvernement n’aime pas. Il faut dire aussi que pour faire avaler le nouveau management au rendement, il fallait un peu de pommade. Mais, alors est arrivée la RGPP. Laquelle s’amplifie maintenant pour (presque) atteindre les prévisions faites par Bercy à l’époque: moins 10 000 fonctionnaires dans ce secteur à l’horizon 2012. A l’époque, ces chiffres avaient fait bondir. Aujourdh’ui ils sont beaucoup mieux acceptés. L’Etat central est au régime.
Dans le prochain budget, les choses ont changé. Drastiquement. La baisse des effectifs, le Président en a rêvé, le Parlement va le faire. Comment la police et la gendarmerie qui pèsent 240 000 agents pouvaient-ils espérer, par la voix de leurs syndicats et associations, y échapper. Les professionnels veulent toujours plus de moyens, qu’ils soient médecins, enseignants ou policiers. Bref, la baisse des effectifs de police et la gendarmerie s’élève à 3.148 emplois (1.682 pour la police, 1.466 pour la gendarmerie), soit un peu plus de trois fois plus que la baisse enregistrée en 2011, qui était de 808 postes. Ce chiffre représente 1,3 % des effectifs globaux (241.545 policiers et gendarmes en 2011) d’après Les échos (http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201666160976-police-le-recul-des-effectifs-va-s-accelerer-226036.php)
Au total de la cure, les prévisions pour 2012 et 2013 sont tenues, ce sont près de 10.000 postes supprimés dans la police et la gendarmerie. Leur nombre en 2012 sera inférieur à celui de 2001 (239.898), soit environ 7 %. Les tensions sont réelles dans les services. Car une dimution suppose évidemment une réorganisation et des arbitrages. Il est toujours aisé d’avoir plus. Et inconfortable d’avoir un peu moins.
Il faut dire que la France fait partie des pays qui ont le plus de policiers et gendarmes par habitant. Et ne parlons pas des Parisiens. Dans le même temps on au augmenté le nombre de policiers municipaux. Il va de soi qu’on ne va pas avoir plus de policiers nationaux (avec plus de primes) et plus de policiers municipaux (qui veulent plus de prime). Il y a un coût à cela, qui va payer? Si les intéressés ne le comprennent pas, le gouvernement aura recours à une main d’oeuvre moins chère, sur le marché. Les ressources en termes d’agents publiques ne manquent donc pas en nombre absolu. Mais, 7% de moins, c’est un peu trompeur, car c’est une moyenne. Là où les effectifs manquent vraiment, c’est dûr. Leur répartition, à ces effectifs c’est le vrai problème: à la fois au plan géographique et entre services.
Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, Institut d’Etudes Politiques, Université de Grenoble

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