Police et émeutes en occident. [ 09/20/2008 ]

[ 09/20/2008 ]

Les émeutes ne se produisent pas uniquemen en France. Le cas de Montréal le démontre. Mais la situation française n’en reste pas moins unique.

Les émeutes qui ont dévasté un quartier de Montréal ressemblent à celles qu’on a connues en France. Tout au moins à première vue. En effet, un policier tire et tue un jeune homme dans un quartier populaire et défavorisé de Montréal. En France, à Clichy, des policiers se trouvent engagés dans une poursuite qui se terminera par la mort de deux adolescents (mais sans que les policiers fassent usage de leurs armes). L’émotion se traduit par une explosion le soir même à Clichy et le lendemain à Montréal (étant donné l’heure tardive des faits). Le déroulement des incidents est proche: destructions de véhicules, des commerces du quartier, tirs avec des armes à feu contre les policiers dans les deux pays. Alors, France et Canada, même problème et même gestion.
A y regarder de plus près, on verra que les autorités de Montréal ont mieux géré les relations avec le quartier, la famille de la victime et ont demandé une enquête interne sans dédouaner leurs agents immédiatement (contrairement à la France).
Le type de quartier est proche dans les deux cas: la situation est plus explosive dans les banlieues défavorisées.
Mais, dans le cas Français les émeutes de 2005 sont l’appogée d’une trajectoire de 25 ans et de dizaines d’émeutes. A Montréal, l’incident tragique est isolé. C’est toute la différence. Les émeutes sont structurelles en France, accidentelles ailleurs.
Cette différence fondamentale s’explique sans doute par la recherche obstinée de relations meilleures entre les autorités et la population, et notamment la police et la population, à travers des programmes de réorganisations de la police de Montréal et de la province du Québec connues sous le nom de police de proximité ou police communautaire. Cette approche pragmatique a été soutenue et défendue par les gouvernements successifs car elle a fait consensus entre les forces politiques opposées. Le « patron » de la police est nettement plus indépendant des autorités politiques pour les aspects opérationnels (même si le cap est fixé par les élus du Québec)., ce qui autorise des réformes inscrites dans la durée. Une idée à méditer pour la France?

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