Utiliser les gardes à vue pour augmenter la productivité par agent ou garantir la sécurité? [ 02/09/2010 ]

[ 02/09/2010 ]

Utiliser les gardes à vue pour augmenter la productivité par agent ou garantir la sécurité? Tant qu’on ne saura pas « quoi faire » pour augmenter la sécurité, on aura les yeux rivés sur la « production ».

Il y a plusieurs aspects dans le débat actuel sur les gardes à vues. Ils doivent être distingués. Notons en préalable que c’est le premier ministre lui-même qui a vu un problème dans l’explosion de leur nombre et les problèmes de libertés publiques et de fonctionnement de la police que cela implique. La gauche n’avait pas noté la chose. (sic). Quelles sont les dimensions du problème:
1- l’usage des gardes à vue (la légalité de leur mise en pratique), et leur banalisation (qui est liée au fait que le nombre d’agents ayant la qualification pour le faire a explosé),
2- qui est elle même liée à la « culture de la performance », celle-ci nécessitant en effet des « indicateurs de performance » et des cibles (des nombres à faire). Dans ce modèle la police pour être jugée efficace par la haute hiérarchie doit atteindre les valeurs cibles. Evidemment, celà n’a rien à voir avec la performance: on fait des volumes, mais contraitement à l’industrie automobile, produire plus avec les mêmes effectifs n’est pas nécessairement la meilleure indication de la performance, sauf à tout mesurer avec un équivalent monétaire. Et, comme dans l’industrie automobile, produire plus de voitures qui ne sont pas aux normes ou qui ne plasient pas au public n’est pas non plus une performance. Tant que la « qualité » ne sera pas incluse dans la mesure de la performance, les choses seront bien troubles. Les effets la mesure de la performance peuvent être pervers. Les policiers qui ne sont pas masochistes et sont disciplinés vont chercher à atteindre les valeurs voulues, même si les indicateurs ont été mal choisis (le nombre de garde à vue signifie que la police est occupée, mais pas nécessairement à faire ce qui est utile),
3-la qualité de l’enregistrement policier; les outils de management devraient précéder les pratiques (on a une stratégie de police, on définit des cibles, puis on agit); or on voit ici que les pratiques de GaV évoluent sans réelle adapatation des outils (d’où les « oublis » en police de la route); ceci laisse penser que la « culture de la performance » est largement liée aux efforts de communication de la haute hiérarchie policière et du gouvernment
4- la transparence de la police; en dépit de progrès (publicité des rapports des inspections de la police, régularité dans la publication de certains chiffres, comme ceux de la délinquance qui rend plus compliqué de les « améliorer »), la police n’est pas assez transparente; l’ensemble des chiffres et informations devraient être accessibles et consultables en ligne, sur tous les aspects du travail (délinquance, activité des services, nombre de fonctionnaires). Les garde à vue en font partie. On n’y est pas encore. Sebastian Roché. Université de Grenoble. Institut d’Etudes Poliques.

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