Violences physiques chez les adolescents: les filles nettement moins impliquées que les garçons

Il y a une chose que le changement des relations entre les sexes ne semble pas modifier, la propension à commettre des actes de violence physique. Par la méthode dite des enquêtes de délinquance auto déclarée (pour être précis le protocole ISRD ou équivalent), une enquête du CNRS-ANR dite « Polis » (volet français d’une recherche menée en France et en Allemagne) confirme ces résultats. Le volet français porte sur 13.600 adolescents de deux grandes métropoles françaises (Lyon et Grenoble, année 2012).

Sur le violences physiques non mortelles, ces études permettent d’en savoir plus que chiffres dits « officiels », c’est à dire issus des enregistrements policiers. En effet, sous la garantie de l’anonymat, les personnes acceptent de livrer des informations sur leur comportement au cours de l’année passée. Mal connue en France, ces études sont pourtant tout à fait standard à l’étranger.
Ainsi, à la question « As-tu frappé ou battu quelqu’un si fortement qu’il a été sérieusement blessé ou qu’il a saigné » au cours de la dernière année,  les garçons disent « Oui »pour 20,9% des garçons d’entre eux. Pour les filles, c’est seulement 8,6%.

Si on monte la comparaison au seuil de « 4 fois ou plus » (avoir eu ce comportement au moins 4 fois dans l’année) pour isoler les personnes régulièrement impliquées dans des violences physiques, ce sont 5,4% pour les garçons contre 1,5% pour les filles qui sont concernées.
En somme pour ceux qui se sont violemment battus ou attaqués à quelqu’un au moins 4 fois, les filles sont 3 fois moins impliquées.
D’après les auteurs de ces coups, la police est informée (quelque soit le canal: l’intéressé, la victime, l’école, les parents ou une autre voie) dans 12% des cas seulement. Cela signifie que 88% de ces faits ne sont pas connus et donc pas traités par les autorités. Il n’y a pas vraiment de différence entre garçons et filles concernant l’information à la police: on ne signale pas spécialement les violences des uns ou des unes.
 Enquête Polis Autorité, CNRS, Pacte-Sciences Po, université Grenoble Alpes, financée par l’ANR.
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